Réhabilitation de la Manufacture

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Réhabilitation de la Manufacture

Ce beau bâtiment a abrité pendant 260 ans toute une industrie liée au tabac, disparue en 2004. Dès 2000, anticipant cette fermeture, les acteurs locaux se sont mobilisés. La Manu bourdonne aujourd’hui d’activités variées, et plus encore de projets d’avenir.

260 ans d’activité manufacturière

Bâtie en 1740 par Blondel, l’architecte du roi Louis XV, la Manufacture des Tabacs produit du tabac à priser, à mâcher et à fumer jusqu’à l’aube du 21e siècle. Des halles, des fours et des ateliers s’ajoutent en 1811 aux bâtiments d’origine. L’avènement de la vapeur induit la construction de nouveaux locaux entre 1868 et 1871. Quatre autres bâtiments surmontés d’une charpente en béton, dite « la Cathédrale », sont érigés entre les deux guerres.

 

Au plus fort de son activité, vers 1880, la Manu emploie plus de 1800 personnes. D’abord manuelle (d’où le nom de Manufacture) la production se mécanise dès la fin du 19e siècle. Les machines se perfectionnent, et le nombre d’emplois diminue. En 1995, l’établissement ne compte plus que 185 employés. La production commence à être délocalisée. C’est alors qu’un grand incendie endommage gravement une partie du site. La fermeture annoncée de la Manu est vécue ici comme un déchirement historique, social et économique.

Un projet commun de reconversion

Pas question de laisser le site devenir une friche industrielle ! À la demande des collectivités locales et de l’État, la CCI acquiert le site en 2001 auprès d’Altadis (ex-Seita). Les bâtiments du 18e siècle, la salle de râpage du tabac, les salles de cases du râpé et la « Cathédrale » sont classés Monuments Historiques.

 

Un projet de reconversion voit le jour : la Manu, jusque là fermée au public, deviendra un nouveau quartier de ville mêlant activités économiques, administratives, culturelles et d’enseignement, autour de quelques logements.

Porté par la CCI, accompagné par la SAFI (Société d’Aménagement du Finistère) avec l’aide des architectes de l’Atelier Novembre, le projet est validé par la Ville de Morlaix, Morlaix Communauté, le Conseil Général, le Conseil Régional, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, la Caisse des Dépôts et Consignations et les représentants de l’État.

Premières installations 2000-2010

La CCI prend en charge la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble des travaux. Sur les 31 000 m2 du site, 10 000 m2 de bâtiments sans intérêt patrimonial sont abattus.

Les éditions Skol Vreiz s’installent dès 2002 dans une des ailes de la cour d’honneur. L’ancienne maison du directeur est vendue pour moitié au Télégramme, pour moitié à un promoteur privé. Des bâtiments donnant sur le quai sont repris par une société immobilière qui y crée une douzaine d’appartements. Des artistes, artisans, associations, entreprises, achètent des locaux. Morlaix Communauté installe l’IUT GACO à la Manu en 2004 et intègre en mars 2008 l'ensemble de la « Cathédrale » pour son siège administratif.

 

La CCI ouvre à la location 13 lots dans un nouvel hôtel d’entreprises, puis arrive au bout des travaux en 2010, notamment la réfection patrimoniale des toitures incendiées en 1995. Entre temps, Morlaix Communauté a aménagé la place Puyo et déplacé la route pour créer un parvis devant l’IUT, et implanté une auberge de jeunesse à proximité.

Les aménagements en devenir

En 2012, Morlaix Communauté achète à la CCI, avec l’aide de l’Etablissement Public Foncier de Bretagne, une grande partie des locaux et espaces historiques rénovés autour de la cour d'honneur. La SAFI, assistée du cabinet Léopold, est chargée par Morlaix Communauté de concevoir un projet d’occupation cohérent. Celui-ci prévoit quatre grands pôles organisés à partir de projets publics, associatifs et privés, dont certains sont déjà très avancés.

Un pôle universitaire

Les locaux de l'IUT font partie de la Manufacture des Tabacs, et accueillent chaque année quelques centaines d'élèves de tous horizons.

Un pôle culturel dominant

L’angle sud-ouest de la cour d’honneur accueillera autour des moulins à râper un musée de la mémoire industrielle articulé avec une antenne de l'Espace des Sciences de Rennes, Centre de Culture Scientifique Technique et Industriel destiné à vulgariser la connaissances des sciences.

Le cinéma la Salamandre, le Théâtre de l’Entresort et l’association Wart, organisatrice du festival Panoramas, souhaitent créer une grande salle de spectacle, une petite salle de répétition, deux salles de cinéma de 100 et 200 places, des locaux administratifs communs, un café-restaurant à coin librairie. Dénommé SEW, ce projet collectif de plateforme culturelle est de ceux qui marqueront la nouvelle vocation de la Manufacture.

D’autres projets sont attendus autour de la présence de KLT (Kerne Léon Trégor, d’associations de promotion de la langue et de la culture bretonne) et de l’AADI (Association Armor Dupleix Inde, organisatrice du festival Armor India), déjà installées à la Manu tout comme les ateliers regroupés dans la Cour des Artistes (danse, art contemporain,...).